La vignette anti-pollution à Paris

Depuis le 16 janvier 2017, les Parisiens doivent se munir obligatoirement d’une pastille de couleur, appelée “Certificat qualité de l’air” afin de circuler dans Paris. Cette petite vignette, système jugé plus efficace que la circulation alternée, permettra en outre de restreindre l’accès à la capitale aux véhicules les plus polluants durant les pics de pollution. Les automobilistes se trouvant dans une zone où leur vignette est interdite devront s’acquitter d’une amende, allant de 68 euros pour les véhicules légers à 135 euros pour les bus et poids lourds.

Avec le lancement de la vignette verte, Paris espère réguler plus efficacement le trafic afin de limiter la pollution urbaine. Enjeu sanitaire de premier plan, les effets de la pollution de l’air sur la santé des Européens sont dévastateurs : 500 000 personnes en décèdent chaque année, selon l’Agence européenne de l’environnement (AEE). Pour combattre ce fléau, la Commission européenne a mis en place des normes environnementales depuis plusieurs décennies. Plus récemment, de nombreuses grandes villes européennes, particulièrement touchées par la pollution, ont décidé de prendre le problème à bras-le-corps en mettant en place des mesures aussi variées qu’innovantes.

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La première zone à circulation restreinte de France

Depuis lundi 16 janvier, le port de la vignette Crit’Air est désormais obligatoire pour tous les automobilistes parisiens. Les voitures et deux-roues motorisés doivent être munis d’une pastille de couleur, appelée “Certificat qualité de l’air”, indiquant leur niveau de pollution. Cela permettra d’interdire la circulation de certains véhicules en fonction du niveau de pollution atmosphérique.

Par cette opération, Paris devient la première zone à circulation restreinte (ZCR) en France. Les véhicules et les utilitaires légers directement visés par ces limitations sont tous les moteurs diesel et essence immatriculés avant le 1er janvier 1997. Les deux-roues motorisés avant le 1er juin 2000 seront également frappés par ces restrictions.

A l’inverse, les automobilistes porteurs des vignettes indiquant les plus faibles niveaux de pollution pourront bénéficier de divers avantages, tels que des modalités de stationnement et de circulation privilégiées ainsi que l’accès aux zones de circulation restreinte.  La mesure, qui est une application locale d’un dispositif national, également mis en place à Lyon et Grenoble à partir d’aujourd’hui, est amenée à se généraliser en France étant donné le problème de santé majeur que représente la pollution atmosphérique.

Le mal du XXIème siècle

Au-delà du cas de la France, la pollution de l’air constitue l’un des principaux défis sanitaires du XXIème siècle en Europe et dans le monde. En effet, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 92% des habitants de la planète respirent un air vicié. Une situation extrêmement dégradée causant la mort de 5,5 millions de personnes par an dans le monde, indique un rapport de la Banque mondiale publié en septembre. Ce qui fait de la pollution de l’air l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Accessoirement, ce même rapport de la Banque mondiale estime à 225 milliards de dollars par an les coûts de la pollution atmosphérique, calculés à partir des pertes de revenus du travail causées par les décès prématurés et des dépenses de santé.

Les effets de la pollution atmosphérique sur la santé sont pourtant connus depuis au moins 100 ans. Mais ce n’est qu’à partir des années 1970 que les autorités européennes ont commencé à légiférer pour essayer de la limiter, en fixant des seuils d’émissions de certains polluants particulièrement nocifs d’un point de vue sanitaire.

Dernière avancée législative en la matière : l’adoption par l’Union européenne d’une nouvelle “directive air” le 8 décembre 2016. Le texte prévoit d’abaisser davantage les plafonds d’émissions de certains polluants, comme l’ammoniac – en grande partie issu des engrais utilisés dans l’agriculture. De nouvelles particules ont également été ajoutées à la liste des polluants, telles que les très nocives PM 2,5, particules fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns et dont les émissions sont notamment dues aux moteurs diesel. L’objectif global européen est de réduire l’impact sanitaire de la pollution de l’air de 50% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005.

Si cette directive marque un pas supplémentaire dans la lutte contre la pollution atmosphérique, de nombreuses ONG environnementales, telles que le Bureau européen de l’environnement ou encore France Nature Environnement – la fédération française des associations de protection de l’environnement – ont dénoncé un texte qu’ils estiment bien trop timide face à l’ampleur de l’enjeu.

Parvenant à revoir à la baisse les objectifs initiaux de réductions d’émissions élaborés par les institutions européennes, les Etats membres sont dans le viseur des ONG. La France a, par exemple, fait passer l’objectif de réduction de 23% des émissions d’ammoniac, prévu dans les premières versions de la directive européenne, à 13%. De même, certains polluants n’ont pas été ajoutés sur la liste des émissions à réduire. C’est notamment le cas du méthane, gaz à effet de serre aux effets pourtant largement plus dévastateurs que le CO2 pour le réchauffement climatique.

 

source : touteleurope.eu

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