Déclaration de M. Dimitris Avramopoulos, commissaire européen à la migration et aux affaires intérieures

J’ai eu aujourd’hui des échanges bilatéraux constructifs et chaleureux avec M. Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur français, et Mme Theresa May, Home Secretary du Royaume-Uni, sur la situation à Calais et les mesures qu’ils prennent pour la gérer.

Je souhaiterais avant tout saluer l’étroite coopération entre les deux pays sur ce problème.
J’ai souligné le soutien que la Commission est en mesure d’apporter – par exemple, le Bureau européen d’appui en matière d’asile peut aider au traitement des demandes d’asile et l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures, Frontex, peut aider à l’identification et au recensement des migrants, coopérer avec les pays d’origine et de transit pour accélérer la délivrance des documents de voyage retour, coordonner et financer des opérations de retour conjointes.
J’ai également confirmé que la Commission allait maintenant débourser la première tranche de 20 millions € de financements nationaux au titre du Fonds «Asile, migration et intégration» en faveur de la France. La Commission a déjà accordé au Royaume-Uni un préfinancement d’environ 27 millions €. Ces sommes proviennent du budget total de plus de 266 millions € prévus pour la France et de plus de 370 millions € prévus pour le Royaume-Uni pour la période 2014-2020.
À ce stade, ni la France, ni le Royaume-Uni, n’a sollicité d’aide supplémentaire. J’ai une confiance totale dans leur capacité à gérer la situation.
Plus généralement, la situation à Calais montre clairement la nécessité de renforcer la solidarité et la responsabilité dans la manière dont nous traitons les pressions migratoires en Europe. Il s’agit d’une pièce d’un puzzle plus grand qui nécessite un large éventail de réponses.
Nous sommes confrontés à une crise migratoire d’une ampleur extraordinaire directement liée aux conflits qui déchirent les régions périphériques de l’Europe.
C’est pourquoi il est nécessaire que chacun d’entre nous s’investisse davantage. Nous devons conjuguer nos efforts pour relever un défi qui dépasse les frontières nationales.
Un effort plus soutenu doit également être fourni pour coopérer avec les pays tiers d’origine et de transit, notamment sur les retours et les accords de réadmission – domaine dans lequel il est crucial de travailler collectivement au niveau de l’UE. J’attends des résultats concrets du sommet avec les pays africains qui se tiendra à La Valette, les 11 et 12 novembre prochain.
Nous avons besoin d’une réponse européenne afin de mieux gérer les migrations en tout point de la chaîne – depuis la nécessité immédiate de sauver des vies au travail sur les causes profondes avec les pays partenaires -, de lutter contre les trafiquants d’êtres humains et de rendre les retours plus efficaces, de même que notre stratégie à long terme pour renforcer nos frontières et notre système de droit d’asile. C’est le programme que la Commission a inscrit dans son agenda en matière de migration adopté en mai et qui commence être mis en œuvre.

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